Le Félibrige

 

 Naissance du Félibrige à Châteauneuf-de-Gadagne

" Le Félibrige est une association littéraire destinée à encourager les lettrés et les savants dont les travaux ont pour but la culture et la conservation de la langue provençale. " Telle est la définition donnée par lettre ministérielle du 14 avril 1877, qui a régulièrement autorisé le Félibrige fondé le 21 mai 1854.

C’est à Châteauneuf-de-Gadagne, dans un petit château, propriété des Giera, que le Félibrige a pris naissance. Ce lieu poétique, environné d'arbres et de sources, situé sur le versant d'un coteau à mi-chemin entre Avignon et Fontaine-de Vaucluse, était le rendez-vous d'une jeunesse ardente à sauver la Provence, sa langue, sa couleur, "sa liberta dou gaubi", c'est-à-dire sa liberté d'aisance, son honneur national et son beau rang d'intelligence. Le 21 mai 1854, Mistral choisira avec lui six poètes parmi ces pionniers : Théodore Aubanel, Joseph Roumanille, Paul Giera, Jean Brunet, Anselme Mathieu et le jeune jardinier du château, poète lui aussi: Anfos Tavan. Ces sept symbolisent les "primadiés" du Félibrige. Mistral proposa ce nom de "Félibre" qu'il recueillit dans une vieille cantilène où la Vierge Marie raconte qu'elle a un jour trouvé son fils dans le Temple parmi les sept Félibres, ou docteurs de la loi.

Le parler naturel des Provençaux est une langue et non un patois. A sa naissance, les parlers locaux, dont on ne connaît aucun écrit, s'amalgament au grec et au latin vulgaires. Puis arrivent aux XIe et XIIe siècles les troubadours avec leur poésie lyrique, dont l'influence s'étendra en Italie, au Portugal, en Espagne, en Allemagne, dans la France du nord et en Angleterre. La langue d'oc a été, pendant deux siècles , la langue de l'Europe lettrée et il ne serait pas excessif de dire que, par l'expansion de sa poésie, elle se place au premier rang, le plus ancien, des éléments de la Renaissance.

En 1859, Mistral faisait paraître "Mireio". De toute sa gloire, Lamartine la saluait. C'était pour la langue méprisée une victoire sans prix. Avec "Calendal", "Le Poème du Rhône" et "Le Grand Trésor", avec les œuvres d'Aubanel, de Roumanille, puis ensuite de Felix Gras, de d'Arbaud et aujourd'hui de tant de félibres remarquables, désormais la langue est sauvée. Et après avoir été interdite dans les écoles, elle est actuellement enseignée dans les lycées et les universités. Des cours publics et gratuits sont mêmes organisés de plus en plus dans le cadre des activités du Félibrige et de l'Association Parlaren. Aujourd'hui encore en Vaucluse, des journaux, des revues paraissent, entièrement rédigés en Provençal. Le théâtre et la chanson renaissent tout au long de l'année, à l'occasion des veillées, des fêtes de Noël où se jouent les "Pastorales" et d'un "festival Provençal" organisé dans la très belle cour du Palais du Roure à Avignon.

 

 

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